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⊰ i love freaks, i don't care if you're a wild one (placid) ⊱
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MessageSujet: i love freaks, i don't care if you're a wild one (placid)   Mar 27 Jan - 23:15

Les pieds appuyés contre la porte des toilettes, la tête reposant sur le réservoir, elle observe la voûte de pierre d’un air absent. Encore une soirée vide de sens, à fréquenter des hommes aussi inutiles qu’inintéressants. Et pourtant, elle avait quand même fini par se traîner dans le lit d’un gryffondor, du moins il fallait supposer que c’en était un. Les idées encore embrouillées par l’alcool, elle n’avait su que vaguement distinguer les couleurs rouges et les logos en forme de lion affichés un peu partout avant de déambuler jusqu’aux cachots. Pourtant, elle restait insatisfaite en permanence. Peut-être parce que ce n’était pas la bonne chambre qu’elle avait visité cette nuit-là. Peut-être parce qu’il n’était lui, tout simplement. Mais la jeune femme refusait d’admettre pareille idée pour le moment. Tout ça n’était qu’un défi stupide fixé avec elle-même. Ca n’avait rien à voir avec cette machine un peu rouillée qui battait faiblement dans sa cage thoracique. Une larme roule le long de sa joue avant qu’elle ne puisse l’essuyer du revers de la main. Il ne manquerait plus que sa gueule de bois ne s’accompagne de traces de mascara pour achever d’installer sa mauvaise humeur. La brune se redresse, fouille dans son sac un instant avant d’en tirer une petite gourde en métal argenté. L’odeur du whisky-pur-feu lui chatouille les narines et une envie de vomir la saisit immédiatement. Boire avant même l’heure du déjeuner, on avait connu mieux mais c’était si facile de se bercer dans l’illusion que tout allait pour le mieux avait un peu d’aide.

Elle porte la flasque à ses lèvres et le liquide lui brûle la trachée, lui arrachant une grimace de dégoût. Pas si brillante que ça comme idée finalement. « La consommation d’alcool est interdite au sein de l’école ! » La voix aiguë lui couvre les avant-bras de chair de poule malgré ses manches longues. Encore un peu et elle oubliait complètement que même dans les toilettes les moins sympathiques de toute l’école, il y avait encore moins de trouver quelqu’un pour vous pourrir l’existence. Son regard clair et froid se pose sur le fantôme à la coupe de cheveux démodé, assis sur le rebord de la lucarne. « Qu’est-ce que ça peut te faire ? » Peut-être aurait-elle du s’abstenir de répondre et faire comme si elle ne la voyait pas, comme à chaque fois qu’elle venait s’isoler ici pour se rappeler à quel point elle pouvait être pathétique. Ou quand il s’agissait de disparaître avant un autre cours assommant. Déjà, la silhouette pâle et translucide se dirige vers elle, flottant avec aisance au-dessus du sol. « J’entends tout ici et tout le monde pense que tu es une traînée. » Son rire moqueur la blesse même si elle se contente d’offrir à la morte un visage impassible. Même un fantôme, un stupide fantôme d’une fille incroyablement ringarde, réussissait à lui renvoyer la réalité en pleine face. La jeune femme porte à nouveau la flasque à ses lèvres. « Je m’en fiche. » Un nouveau rire alors qu’elle grimace de plus belle en endurant le goût brûlant de la boisson. La tête de binoclarde de Mimi apparait à la porte, son corps resté à l’extérieur de la cabine. « Si tu t’en fiches, pourquoi est-ce que tu viens t’enfermer ici pour boire ? » Malheureusement, le regard noir que la brune lui lance ne pourra pas la tuer une seconde fois. Elle donne un violent coup dans le battant pour la chasser, l’effrayer ou simplement évacuer la colère qui gronde en elle. Comme si elle avait besoin de se faire remettre à sa place par un abruti de fantôme. Et déjà le spectre repart d’un éclat de rire avant de disparaître dans les toilettes voisines, sa voix aiguë résonnant dans les canalisations.

Et les larmes se remettent aussitôt à couler alors qu’elle tente d’étouffer les sanglots incontrôlables dans sa manche. Finalement, le whisky-pur-feu n’est pas si efficace que ça pour oublier l’objet de ses tourments. Mais elle s’interrompt brusquement en entendant des bruits de pas, tout prêt, puis l’eau qu’on allume. Rapidement elle fourre la flasque dans son sac et essuie les quelques traces de ses pleurs. Mieux valait encore quitter cet endroit la tête haute que de laisser le premier abruti raconter n’importe quoi sur ce qu’elle pouvait bien faire là. Cependant, quand son regard croise celui de l’intrus dans le miroir vieilli du lavabo, la brune reste quelques secondes interdites. Prunelles sombres, tout comme tout ce qui semblait émaner de lui et qui pourtant l’attirait comme un aimant. Le moment était mal choisi, généralement elle provoquait les rencontres pour toujours être à son avantage. Pas pour s’offrir dans une position de faiblesse sur laquelle elle n’avait aucun contrôle. Néanmoins, elle se décide enfin à approcher, son regard ayant du mal à se défaire du sien même si elle ne le croise qu’à travers cette glace érodée par le temps. « Cette couleur te va pas du tout au teint. » Elle désigne d’un mouvement de menton le sang qui lui échappe du nez. Un peu tôt pour se bagarrer mais qu’est-ce qu’elle pouvait bien lui faire comme leçon ? Il était aussi un peu tôt pour boire et s’enfermer dans le seul but de déprimer sur son pauvre sort. Elle tente un léger sourire en coin en s’appuyant à l’évier juste à côté de lui. « Ta journée a l’air de super bien commencer en tout cas. » Aussi bien que la sienne, au moins ça leur faisait un point en commun. Mais elle retient tout commentaire, se contentant de poser ses prunelles claires sur lui. De détailler ses gestes, ses expressions, comme si ainsi, elle pouvait enfin espérer trouver la solution de l’énigme Placid.
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MessageSujet: Re: i love freaks, i don't care if you're a wild one (placid)   Mer 28 Jan - 14:53

« Hey, Gainsborough. » Le concerné jette par-dessus son épaule un regard lourd de déplaisir, des mitraillettes pour rétines. Ces dernières s'abîment sur la silhouette massive d'un jeune homme aux larges épaules, torse bombé, cheveux d'un châtain clair condamnant le sourire un peu jaune qu'il octroie, retors, à Placid. Le né-moldu tique, claque sa langue lasse contre le palais puis considère à peine son vis-à-vis. Matthew McConnoley. Bellâtre à peine instruit, puisant une ersatz de spiritualité dans des bouquins qu'il s'obstine à lire sans pour autant les comprendre. Et que ça sort de grandes thèses sur la valeur du sang, et que ça cite des philosophes sorciers sans rien piger des mots qu'il dégoise comme l'on vomit sa bile. Et que ça joue les quidams populaires sous prétexte d'une beauté louche, d'une opulente famille, d'un sang pur mais ranci par les idées qu'on leur jette entre les dents. Des miasmes de rires s'envolent en écho derrière Matthew ; ses deux fidèles suiveurs sont là, observent volontiers Placid de leur œil moqueur, attendent la suite dans une impatience fébrile. « Ta gueule j'ai pas le temps pour ces conneries. » Le brun ténébreux a les traits tirés par la fatigue, une mine blême et froide ; les cauchemars incestueux ont entaché sa nuit blanche. Alors il trouve la force d'ignorer la bêtise humaine quitte à tourner les talons puis crouler sous les insultes, poings fermés et mâchoire crispée. Mais Matthew le rattrape et, comme si son robuste corps d'athlète ne suffisait plus à nourrir son arrogance, plaque une main virile sur l'épaule du Gryffondor et le pousse violemment.

Le coup part. S'est abattu sur la gueule du riche nanti, a fêlé une dent au passage. Toute cette hargne, cette violence, ce dégoût contrit en ses muscles se sont figés dans le biceps et dans son poing. Très vite l'esclandre éclate ; à trois contre un, les voilà qui se heurtent à leur propre lâcheté pour mieux remporter la bataille. Mais le Gryffondor est pugnace, il reçoit les coups comme il en donne, véhément et frondeur. Et autour d'eux se fige une masse de curieux, pauvres hères déambulant dans les couloirs et se ressassant de la scène plutôt que du repas qu'ils sont venus chercher ce matin. « Son sang est bien rouge. » C'est le roquet de McConnoley qui ricane bêtement, un sifflement rauque entre les dents comme il toise la gueule ensanglantée du Gryffondor. Ils ne sont pas en reste pourtant ; à bout de souffle, la mine rendue laide car fendue par des éclosions d'hématomes, ils le tiennent à brûle-pourpoint par la gorge. Ce qui n'empêche guère Placid de cracher son sarcasme incisif, une voix rendue rocailleuse par ce gosier que l'on sangle : « Et toi t'es bien con mais j'vois qu'au moins t'es pas daltonien. » Le concerné exulte sa rage qui hélas n'aboutira pas ; car la voix autoritaire d'un professeur éclate au loin. Elle tranche l'air au fouet de ses palabres, oblige les badauds à lui céder le passage alors que les quatre protagonistes cessent soudain toute violente querelle. La mine professorale s'est décomposée sous la vision des gueules en sang de ces élèves indociles, et lorsqu'elle daigne ouvrir sa bouche fine, c'est pour mieux les clouer au pilori de la honte. Elle crache son dédain tout contre eux, lesquels plient la nuque ou détournent légèrement le regard, les somme de se rendre à l'infirmerie ; le Gryffondor s'y oppose comme il vomit son indignation lorsque l'enseignante les assène de retenues. « J'ai entraînement de Quidditch samedi. » « Il fallait y réfléchir avant de prendre vos camarades pour des cognards, Monsieur Gainsborough. » Le verdict est cinglant mais juste, aucun d'entre eux ne sera gracié. C'est ainsi que la foule se dissout et que les concernés reprennent chacun leur chemin. Seul Placid ne suivra guère le sillon du professeur jusqu'à l'infirmerie ; ça suinte les effluves médicamenteuses puis ça vous gave de chocolat pour mieux faire passer la blessure mentale.

***

« Et merde. » Sa pupille s'accroche tout contre le miroir crasseux lui renvoyant sa sale gueule ensanglantée. D'une main assurée qui vacille sous le giron de la douleur, Placid touche son nez, ses pommettes, son menton. Estime les dégâts à la pulpe de ses doigts puis soupire d'aigreur. Puis d'un coup sec ouvre le robinet coulant à flot ; un peu d'eau sur les plaies pour quelques crasses d'hémoglobine peinant à partir. Même sous la véhémence de ses doigts frictionnant l'épiderme. « Cette couleur te va pas du tout au teint. » Cette voix, si souvent entendue, laquelle dégoisait parfois des beautés crues en guise de flirt. Il pourrait la reconnaître d'entre mille. Ainsi Placid relève-t-il la tête mais ne se retourne guère ; mains figées sur la faïence froide du lavabo, il harponne de ses yeux fauves le regard de Jazzy dans le miroir. « C'est bien ma veine d'être à Gryffondor alors. » Lui, pense que le rouge lui sied bien. Ca entache un peu les ténèbres de son aura, le colore de sang et d'écarlate. Comme un parfum ferreux en bord de lippe et au repli de son âme. « Ta journée a l’air de super bien commencer en tout cas. »  Placid la considère quelque peu, dessine les pourtours tristes de son visage opalin puis en décèle une tristesse ineffable. « La tienne aussi. » souffle-t-il enfin comme il se retourne, s'adossant dès lors contre lavabo. « Tu sais, si c'est à cause de McConnoley... » Quelques rumeurs courent à leur sujet ; l'on aurait surpris les deux jeunes gens en une posture fort libidineuse lors de la dernière soirée en date, avant que le jeune ingrat ne s'en retourne auprès de sa petite amie officielle quelques heures plus tard. « Il est tellement obsédé par les blondes décolorées qu'il finira sa vie avec un Yorkshire. » Le jeune homme a parlé sur le timbre du sérieux ; sourcils froncés par ses pensées. « Tu vaux mieux qu'une chienne. » L'ambiguïté est de mise, il en assume le double-sens comme il voile son visage d'une expression qui n'acceptera aucun déni.


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MessageSujet: Re: i love freaks, i don't care if you're a wild one (placid)   Mer 28 Jan - 23:28

« C'est bien ma veine d'être à Gryffondor alors. »  Sa remarque lui arrache un sourire amusé. Heureusement pour lui le rouge vif et brave de sa maison n’avait rien à voir avec le liquide sombre qui entachait encore une partie de son visage. Son ironie se retourne rapidement contre elle et déjà, ses lèvres s’abaissent dans une moue agacée alors qu’elle croise les bras sur sa poitrine. Finalement, cette journée n’était pas pire qu’une autre, si ce n’est que la gueule de bois mettait ses nerfs à fleur de peau. « Tu sais, si c'est à cause de McConnoley... » La jeune femme ne peut s’empêcher d’écarquiller un peu les yeux, prenant quelques secondes pour replacer de qui il pouvait bien être en train de parler. Même si en réalité, elle visualisait exactement le visage de ce sale type arrogant. L’humiliation avait été particulièrement difficile à encaisser. Comme s’il l’avait roulé dans la boue avant de l’abandonner, les cheveux encore décoiffées, à la sortie de la salle commune des Gryffondor pour retourner enfoncer sa langue dans la bouche de sa petite amie aussi bête que ses pieds. Mais au-delà de l’évocation de ce nom, elle a bien du mal à voir où il veut en venir. Depuis quand tient-il un répertoire des types ayant pu la blesser suffisamment pour qu’elle vienne se réfugier dans des toilettes désaffectées afin d’évacuer ses larmes en toute tranquillité ? Ou peut-être que ce n’était qu’un bête hasard. Mais dans l’esprit tordu de la jeune femme, il n’en fallait pas plus pour qu’elle se mette à le détailler avec plus d’attention encore, cherchant à déceler un indice, quoique ce soit pouvant la renseigner sur ce qui se tramait derrière sa tignasse brune. « Il est tellement obsédé par les blondes décolorées qu'il finira sa vie avec un Yorkshire. » Un sourire s’installe à nouveau sur ses lèvres alors qu’à son tour, elle prend appui sur les lavabos abîmés. Alors c’était vraiment ça ? Il était en train de tenter de la consoler ? Elle doit se mordre la lèvre inférieure pour ravaler le fou rire qui menace d’éclater, porter autant par la surprise que par l’alcool qu’elle a ingéré à jeun. « Tu vaux mieux qu'une chienne. » Son regard clair se perd un moment dans le sien, les sourcils froncés. « Mieux qu’une chienne mais pas assez pour toi. » La commissure de ses lèvres se soulève d’un air légèrement moqueur. Simple constatation, sans une once de reproches alors qu’elle se redresse, incapable de rester bien longtemps en place.

Les pieds bien ancrés au sol, son regard parcourt à nouveau son visage, comme si son radar à décortiquer les gens allait enfin marcher sur lui. Peut-être qu’elle aurait dû réfléchir un peu avant de balancer le premier truc qui lui passait par la tête. Mais il était trop tard pour vouloir repartir en arrière. « Plutôt marrant comme tentative de réconfort. » Et plutôt raté. Dans son esprit légèrement égoïste, elle ne voit que cette réalité interprétée avec excès tournant autour de sa petite personne alors qu’une autre aurait salué l’effort de gentillesse. « J’en ai rien à faire de McConnoley, il est plus stupide que son minuscule engin. » La jeune femme hausse des épaules en fouillant dans son sac pour en tirer un mouchoir qu’elle passe sous l’eau. Avec le plus grand naturel, elle revient se placer à côté de Placid, ne cherchant même pas à conserver une distance correcte entre eux. Ses parents auraient sans doute préféré qu’elle démontre de telles capacités d’audace dans un domaine plus conventionnel comme celui de ses études. Mais la communication magique lui passait au-dessus de la tête. Bien moins facile de faire la même chose avec le brun mystérieux dont elle examine les nombreuses contusions avant d’appliquer le mouchoir sur le sang séchant doucement sur son arcade sourcilière. « Tu savais que cet abruti est persuadé que son sang pur donne à sa "baguette magique" des propriétés incroyablement plus folles que celle d’un né-moldu ? » Elle concentre son regard sur les plaies à nettoyer, ne serait-ce que pour qu’il retrouve un visage à peu près correct. Même si en réalité, c’est surtout une bonne excuse pour être dans une proximité plus qu’ambiguë. La brune hausse à nouveau des épaules avec une moue légèrement désolée. « Théorie qu’il s’est empressé de réfuter en deux minutes et vingt secondes. » Un léger sourire moqueur étire ses lèvres alors qu’elle retire le mouchoir humide de sa plaie, l’air satisfait d’avoir au moins un peu arrangé son état. Même si elle ne pouvait rien faire pour les ecchymoses qui ne manqueraient pas de faire leur apparition sous sa peau. « Mais pour en être vraiment sûr, encore faudrait-il pouvoir avoir un point de comparaison. » Du bout des doigts, elle effleure ses lèvres, son cou avant de laisser échapper un soupir. La petite voix impulsive qui régit la plupart de ses actes lui crie de le coincer là, contre les lavabos usés des toilettes de Mimi Geignarde et pourtant, elle se contente de conserver cette proximité plutôt intime. « Ils ont réussi à ramasser tous les morceaux de celui que t’as cogné ? J’suis sûre que t’en as encore sous les ongles. » Son regard provocateur se pose sur le sien alors qu’elle penche la tête sur le côté. Hors de question qu’il conserve cette image de fille dépressive et fragile trop longtemps, elle préférait encore susciter chez lui de l’agacement.


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MessageSujet: Re: i love freaks, i don't care if you're a wild one (placid)   Jeu 29 Jan - 16:47

Elle a dans son regard comme un éclat convulsif lissant le pourtour de sa pupille. La surprise a teinté de ses pâles couleurs la rétine ronde et pleine de Jazzy comme elle ourle sa lippe d'un sourire entendu. Placid désapprouve ce rictus par une mine fermée, regard noir mais palabres sincères : son vis-à-vis vaut mieux qu'une chienne. C'est qu'il en a connu, des salopes et des moins que rien. Non pas de celles écartant trop aisément les jambes – après tout n'y a-t-il pas moins désintéressé que Placid quant à la sexualité des autres. C'est leur problème, après tout – mais ces rombières écrasant les autres par la force d'une qualité qu'elles pensent irréfutable. De celles qui se pensent trop transcendantes, trop intelligentes, trop belles pour se mêler à la populace. Puis il y a les autres. Les sous-ordures, comme sa génitrice invoquant régulièrement quelques nausées désagréables à son cœur froid. Jazzy a beau creuser un peu trop les tranchées de l'indécence au goût du jeune homme, il ne la croit ni vile ni galeuse. Souillée peut-être, par cette attitude qu'elle arbore et émousse sa propre dignité. Las cependant ; ce qu'il pense être un ersatz de réconfort sera subtilement moqué par la concernée, avant d'être imputé d'incohérence : « Mieux qu’une chienne mais pas assez pour toi. » Placid retient son souffle lorsque glisse sur la langue de Jazzy ces quelques mots qui pourtant ne goûtent pas l'amertume du reproche. Il y décèle moins de réquisitoire que de triste fatalité, bien que quelque part le constat le met mal à l'aise. Lui renvoie en pleine gueule le miroir de sa faiblesse, exposée là et prenant la belle incarnation du sexe féminin. Quelque part, ça le frustre. Le dépouille d'un peu de sa jeunesse et de son insouciance, celle-là même dictant les jeunes hommes de son âge à tester les joies de la lubricité, voire l'orgasme amoureux. Et puis il y a Jazzy. Laquelle doit le croire assujetti à des mœurs poussiéreuses : 'tu ne prendras pas femme tant que tu ne l'épouseras pas.' Alors le jeune homme nie comme il peut les fausses accusations de la Serpentard, un peu blême et un peu trouble, d'un bref mouvement de tête qu'il accompagne d'un faible murmure : « C'est pas ça, je... » Puis plus rien. Les mots se sont distillés dans le doute, à l'instar d'une gêne s'insufflant en son sein. Placid n'achèvera pas sa phrase, monceaux de fausses excuses dont il n'en trouvera rien. Préfère détourner le regard afin de reprendre constance et accueille finalement volontiers la raillerie de la demoiselle. Au moins passent-il à un autre sujet.  « Plutôt marrant comme tentative de réconfort. » Voilà que le quidam hausse les épaules d'un air débonnaire. Il aimerait lui asséner quelque réplique blasée : lui, n'a jamais dit qu'il était doué dans le domaine. En vérité, réconforter les autres le lasse comme cela le rebute. Car toute cette mascarade sociale le renvoie à son incompétence empathique ; Placid n'a jamais su réconforter sa jeune sœur de manière concrète, quand bien même ils vivaient dans un paysage dantesque auprès de leur marâtre de mère. Il ne savait pas mettre les mots, seulement les gestes et les regards. C'est ainsi qu'un jour, il a fait sauter la masure insalubre. Plus de maison, plus de génitrice, un corps hélas – et paraît-il. Cela l'avait d'ailleurs foutrement vexé – intact mais des soucis envolés.

Néanmoins le jeune homme demeure taciturne car la gêne de tout à l'heure jugule encore son cœur et son gosier. Il sent que quelque chose le pique et le dérange. Cette bête ronronnante tout contre ses flancs, appelant à l'abandon de soi et à la délivrance : scander son malaise, cracher son secret dégueulasse et enfin se décharger d'un poids. Il ne subsiste hélas que ce teint cadavérique à son visage et cette trace d'un rouge sang balafrant sa joue râpeuse. « J’en ai rien à faire de McConnoley, il est plus stupide que son minuscule engin. » Là où d'aucuns se seraient amusés de l'insulte quant à la taille d'un membre viril se devant d'être vaillant, Placid relève à peine. Il hausse un sourcil – à bon entendeur seulement, et afin de faire comprendre à Jazzy qu'il l'écoute réellement – mais ne pipe mot quant à l'insulte faite à cet abruti de McConnoley. Il n'y a rien de moins embarrassant, moins de moins honteux voire de trivial que d'évoquer les fioritures de la sexualité. Le Gryffondor a pourtant conscience d'être marginal, lorsqu'il pense ainsi.

Puis il y a cette proximité qui s'installe. Les corps se rapprochent sous couvert de voix jouant les vibratos de l'intimisme. Placid est persuadé de déceler dans leurs timbres ces intonations suaves, presque chaudes, contrastant d'avec la froideur de tout à l'heure. Ce quelque chose le pétrifie malgré lui, tandis qu'il voit la beauté brune déposer son mouchoir humide sur son arcade sourcilière. Conservant néanmoins sa prestance comme il le peut – à croire que parfois la fierté s'érige au-dessus de tout, même du trouble – Placid se sent raidir comme il pose ses yeux ailleurs. Ses poumons sont contrits, sa respiration se crispe à l'instar du moindre tissu musculaire, son palpitant dénonce un état d'alerte comme le glas du danger. Mais le garçon demeure, la laisse faire ; c'est une question d'ego. « Tu savais que cet abruti est persuadé que son sang pur donne à sa "baguette magique" des propriétés incroyablement plus folles que celle d’un né-moldu ? » « Ah. » Le brun ténébreux s'entend parler en écho mais s'enferme dans l'absence mentale. Sa crainte illégitime l'aveugle et le rend sourd, bien qu'il s'obstine à répondre quelque chose, n'importe quoi. Ce 'ah' glissé sur sa lippe carmin, il aurait aimé le taire. Feindre l'arrogance à la limite, mais ne pas dégoiser cette interjection qui le laisse con. Puis ce frisson soudain, lui léchant l'échine et l'embourbant plus encore dans l'anxiété, l'accable et le tourmente.  « Théorie qu’il s’est empressé de réfuter en deux minutes et vingt secondes. »  Le jeune homme opine du chef, ferme les yeux, retient son souffle. Cette douce main n'est pourtant pas un calvaire, mais la proximité soulève en lui des cauchemars qu'il ne sait taire. « Mais pour en être vraiment sûr, encore faudrait-il pouvoir avoir un point de comparaison. »

« Tu as les lèvres de ton père. » Il l'avait écoutée d'une oreille qui se voulait distraite, se figeant pourtant contre le mur. Cette vague soudaine de dégoût et d'indignation vint s'abattre férocement contre les rochers de sa conscience tandis que, coincé là à l'angle du mur, ce corps maternel plaqué tout contre lui, Placid se sentit défaillir. Sa tête lui tournait sans que sa dépouille ne s'écroule (car aux yeux du garçon, il n'avait plus de corps propre. Seulement une enveloppe charnelle, désincarnation absolue, afin que les nuits de souillures soient plus supportables), et en cela il put se maudire de se sentir aussi fort. C'est qu'il aurait préféré défaillir ; profiter de cet instant de repos et d'inconscience. Ne plus sentir le regard lubrique de sa génitrice sur ses lèvres, sa main sèche retraçant goulûment la forme de muscles juvéniles joliment galbés. Et ce cœur qui éclate tandis que la marâtre se rapproche, son soupir d'envie se heurtant au souffle désespéré du fils.

« C'est bon, ça va maintenant. » Placid a réagi comme un électrochoc. Son instinct de survie l'a poussé à se détacher de Jazzy, s'écarter de sa douce emprise d'un bond aussi succinct qu'habile. L'a quasiment poussée au passage, de manière totalement involontaire et aussitôt gommée de sa mémoire : cette absence ayant duré une seconde à peine, lui a permis de se défaire de cette proximité de manière aussi vive que violente. Bien malgré lui. Imposant ainsi une plus grande distance, mesure de sûreté, tandis qu'il se reprend d'une voix pourtant trouble. « Merci. » assène-t-il, un peu forcé, afin d'adoucir sa démence. Car nul doute que Jazzy ne le prenne pour un fou, à ainsi la repousser et lui parler sèchement alors qu'elle s'affairait aux soins basiques – quoique trop explicites peut-être. La scène aurait pu être cocasse si elle ne demeurait pas si grave ; le garçon assurait volontiers n'avoir besoin de rien d'autre alors même qu'un sillon rouge sang barrait encore sa joue creuse.

Mais là encore Jazzy le sauve. Il pense à l'en remercier plus tard, d'une façon ou d'une autre. Quand bien même elle n'en comprendra rien. Mais cette accoutumance qu'elle a de passer à un autre sujet, comme pour lui sauver la mise, le soulage et le détend. Quelque peu. « Ils ont réussi à ramasser tous les morceaux de celui que t’as cogné ? J’suis sûre que t’en as encore sous les ongles. »  « Justement, c'est ce connard de McConnoley que je me suis fait. Il en a peut-être une petite, mais il a une grande gueule... Bon enfin, techniquement il venait juste me narguer avec son 'bonjour' niaiseux. » Placid plisse le nez de mépris. Accepte l'idée qu'il fut l'initiateur de la querelle, mais tout de même... : « Qu'est-ce que j'peux pas voir sa gueule. Une vraie tête de con. » A présent qu'il a craché sa bile, comme une expiation bienvenue, le jeune homme plonge son regard dans celui de Jazzy : « Et toi alors, qu'est-ce que tu fous là ? » Il ne parle pas encore de cette haleine chaude et capiteuse goûtant le whisky qu'il a pu sentir. Avec une génitrice alcoolique, quand lui-même est doucement enclin à la boisson, Placid ne peut passer à côté de ce genre de détail. « En général on vient pas ici pour faire la causette à Mimi. C'est plutôt glauque comme coin. » Le coin des reclus, des parias, des nostalgiques. Ou des secrets.


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MessageSujet: Re: i love freaks, i don't care if you're a wild one (placid)   Sam 31 Jan - 20:33

La jeune femme encaisse sans un mot le vif mouvement de recul du brun. S’il avait tenté de balayer les conclusions qu’elle avait tiré un peu hâtivement tout à l’heure, voilà qu’il les lui rebalançait en pleine tête. Elle n’allait pas le nier. Ses insinuations étaient loin d’être subtiles et ça faisait si longtemps qu’elle travaillait au corps qu’elle commençait sérieusement à douter d’avoir la moindre chance d’obtenir ce qu’elle voulait. Et pourtant, elle ne pouvait s’empêcher de revenir s’y frotter, toujours plus prêt de ce qui blesse, toujours plus prêt de cette bombe à retardement qu’elle entend distinctement cogner dans sa poitrine, comme un enfant s’approche d’une flamme plus attiré par sa beauté que par le risque de s’y brûler. Mais elle ne dit pas un mot, se contente d’encaisser sa réaction un peu violente alors qu’il s’est défait de cette proximité qu’elle s’était plu à instaurer. Est-ce que vraiment il trouvait ça si désagréable que ça pour la fuir de la sorte ? Ou est-ce que ses prunelles sombres renfermaient un secret, bien caché, bloqué à double tour, qui ne demandait qu’à ce qu’on vienne le délivrer avec un peu d’audace. A nouveau, les pupilles claires de la jeune femme le détaille avant qu’elle ne se décide enfin à changer de sujet, évitant de la sorte de trop s’attarder sur cette boule qui tord ses boyaux, entre la déception et la frustration.

« Justement, c'est ce connard de McConnoley que je me suis fait. Il en a peut-être une petite, mais il a une grande gueule... Bon enfin, techniquement il venait juste me narguer avec son 'bonjour' niaiseux. Qu'est-ce que j'peux pas voir sa gueule. Une vraie tête de con. » Au fur et à mesure de ses paroles, les lèvres de la jeune femme s’étire dans un large sourire amusé. Au moins ce salop avait eu ce qu’il méritait et ce n’était pas plus mal ainsi. Elle serait bien la dernière à se plaindre après avoir vraiment touché le fond en courant se réfugiant dans ses bras. Drôle de façon de trouver un peu de réconfort que d’écarter les jambes pour le premier abruti qui passe mais Jazzy est ainsi. Persuadée de pouvoir se satisfaire de ce mode de vie, ne prenant conscience que trop tard qu’elle ne fait que se nuire à elle-même. Une petite voix dans sa tête ne peut s’empêcher de faire le rapprochement entre cette bagarre déclenchée pour pas grand-chose et la vaine tentative de réconfort formulée précédemment. Et aussi rapidement, ravive la flamme de l’espoir dans l’organe défectueux qui survit au milieu de sa cage thoracique. Mais aussi vite qu’il était apparu, son sourire disparait face à sa question. Elle n’avait aucune envie de lui expliquer ce qu’elle faisait là. Aucune envie d’admettre que sa vie actuelle était source de mal-être. Encore moins que la seule personne qu’elle pouvait blâmer ici pour tous ses maux n’était personne d’autre qu’elle-même. Alors elle hausse des épaules en croisant les bras sur sa poitrine. Vaine défense qu’elle tente d’imposer quand elle sait très bien que ses propres barrières psychologiques ne sont pas si solides que ça.

« En général on vient pas ici pour faire la causette à Mimi. C'est plutôt glauque comme coin. » « Pas la peine de lui faire la causette. Cette folle dingue sait très bien se faire la conversation toute seule. » Et elle ne se gênait pas pour lui rappeler sans cesse que les bruits qui courent sur elle ne sont que le reflet de la piètre opinion qu’elle a d’elle-même. Sa main se porte rapidement dans son sac, récupérant la flasque argentée qu’elle ouvre à nouveau pour reprendre une gorgée de whisky pur feu tout en se dirigeant d’un pas lent vers la fenêtre qui de toute évidence n’a pas été nettoyée depuis l’assassinat du fantôme des toilettes désaffectées. « Je viens oublier la gueule de bois. Mais c’est pas très efficace comme remède. » Elle lève légèrement la flasque pour désigner ce fameux remède, assez peu convaincant. On dit souvent qu’il faut soigner le mal par le mal. Mais apparemment, cette règle ne s’applique pas avec l’alcool, une bonne leçon à retenir. Son regard se perd quelques secondes sur le parc enneigé et un frisson couvre ses bras rien qu’à imaginer le froid glacial qu’il doit faire là-dehors. « Mais au moins ça permet d’oublier tout le reste. J’suppose que c’est toujours ça de pris. » La jeune femme se retourne lentement, posant à nouveau son regard aiguisé sur lui, portant le liquide brûlant à ses lèvres avant de tendre le contenant argenté en avant. « On partage ? » Proposer de picoler dans des toilettes désaffectées à à peine dix heures du matin était loin d’être politiquement correct mais est-ce que ça avait vraiment la moindre importance ? « Pourquoi est-ce que tu refuses de lui dire la vérité ? » La voix pleurnichante et aiguë la ramène bien vite à la réalité alors qu’elle cherche du regard le fantôme jusqu’à enfin l’apercevoir assise dans sa lucarne, un sourire satisfait sur le visage à l’idée de pouvoir semer la pagaille sur son passage. « Elle ne veut pas te dire qu’elle vient ici pour pleurer. Elle s’enferme là et elle pleure parce que tout le monde sait que c’est une trainée. » Le regard clair de Jazzy se fait meurtrier. Si cette peste n’était pas déjà morte, elle se ferait un plaisir de lui tordre le cou. « Va te faire foutre. » Les mots sifflent dans l’air mais ne font que renforcer l’expression satisfaite du fantôme qui repart dans son rire aigu et faussement innocent.


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MessageSujet: Re: i love freaks, i don't care if you're a wild one (placid)   Dim 1 Fév - 17:51

Il y a dans le timbre de Jazzy, comme un vibrato qui transcende sa peine et son affliction. Elle dissimule derrière ses palabres volontaires une amertume patentée, des monceaux de son âme sclérosée. Placid pourtant, n'a rien d'un fin psychologue ; c'est qu'il préfère faire sa propre introspection, conserver ses sombres secrets puis refermer les portes de son être qu'il veut insondable. Toise à peine les autres, se convainc de leur existence sans pour autant les accueillir ouvertement dans son monde. Le Gryffondor ne les invite que dans l'antichambre de son univers, leur laisse à voir sa personnalité incisive voire paradoxale, ses quelques faiblesses s'il le faut, mais ne cherche jamais vraiment à les connaître mieux. Son fardeau est trop lourd pour qu'il ne s'encombre d'autres poids, égoïste survivant qu'il est. Et pourtant, il y a cette noirceur chez Jazzy qu'il devine et qui l'attire, en dépit de ces instants de fuite propices à son instinct de survie, lorsqu'elle s'approche d'un peu trop près. Le sentiment d'être un loup épiant son congénère, trop solitaire pourtant pour se laisser sonder. Trop craintif également, lorsqu'il s'agit du panel sentimental voire charnel. Mais quand elle parle, il y a tout l'abattement du monde qui lui éclate à la gueule. Et dans ces vomissures attristées, Placid y perçoit les siennes propres. Oh certes, rien de bien comparable ni de bien semblable (c'est qu'il doute fort – quand bien même cela est tristement vaniteux – que d'autres camarades ici n'aient vécu un inceste si dégueulasse), mais la plaie de la Serpentarde lui paraît tellement visible qu'il la toise de son regard curieux. Sculpte son visage opalin au burin de sa pupille avisée, ne pipant mot cependant. « Je viens oublier la gueule de bois. Mais c’est pas très efficace comme remède. » Ca le retourne, quelque part. L'écoeure même. Un peu. Car ces relents d'alcool ramènent à sa mémoire olfactive les pathétiques scènes d'une marâtre imbibée de vodka. Pourtant Placid ne peut se targuer de lui faire la morale ; lui-même lève un peu trop le coude lors des soirées. Et que ça boit pour oublier, jusqu'au malaise. L'entreprise est aisée, le résultat fulgurant mais toujours éphémère. La gueule de bois ne fait que précéder l'inévitable : lorsque l'on se remet de ces effluves alcoolisées, que la lucidité reprend son droit à l'instar de la mémoire. C'est qu'il aimerait lui dire qu'elle est stupide ; aujourd'hui, elle oubliera. Mais demain ?

Placid cependant demeure taciturne, jette à la flasque un œil retors puis humidifie sa lippe d'un coup de langue rapide. Il a laissé Jazzy s'éloigner et prendre place vers la fenêtre. Ce qui aurait pu lui paraître sécurisant l'oppresse étrangement. A défaut de s'en écarter, le Gryffondor au contraire s'approche d'elle ; quelques pas à son encontre, une main dans la poche tel un dandy qui s'ignore. La distance est appréciable quoique la proximité est moins creusée. Puis il l'écoute parler encore, observe son détachement et les injonctions blasées roulant sur ses lèvres carmins : « On partage ? » « T'es conne ou quoi, il est même pas dix heures. » Le jeune homme a fulminé malgré sa réticence précédente. Quelque part, cela le fout en rogne de la voir se détruire ; personne n'aime se mutiler au petit matin. Et plus elle s'enfonce devant lui, plus elle presse involontairement sur la plaie du garçon, plus leurs ténèbres s'accrochent, se heurtent, s'entrelacent. « Pourquoi est-ce que tu refuses de lui dire la vérité ? » Et la voix fluette voire agaçante du fantôme indélicat de leur percer les tympans ; si Mimi semble être candide, avec ses lunettes proéminentes et sa coiffure de jeune première, elle assène par ses palabres une cruauté malvenue. Son irruption attire derechef le regard de Placid, lequel essuie alors les simagrées du fantôme : « Bonjour Placid. » glousse-t-elle non sans jamais cesser de battre des cils, alors qu'elle tourne autour du garçon afin de l'observer sous toutes les coutures. Le Gryffondor bougonne, se crispe même, et pourtant lui renvoie un sourire policé agrémenté d'une salutation qui se veut chaleureuse malgré le timbre cinglant : « Salut Mimi. » C'est qu'il serait stupide de se brouiller avec le spectre étant au courant de ses petites cachotteries : ici et là, partout en vérité et jusqu'au moindre sombre recoin du château, Placid s'obstine à dissimuler quelques bouteilles interdites pour les soirées improvisées. Il officie bien sûr avec l'aide d'un comparse – Cole de son prénom – mais veille à demeurer discret. Cette attitude engageante pousse alors Mimi à clamer encore ses griefs à l'encontre de Jazzy : « Elle ne veut pas te dire qu’elle vient ici pour pleurer. Elle s’enferme là et elle pleure parce que tout le monde sait que c’est une trainée. »

Le fantôme a disparu sous le sifflement mauvais de la concernée. Et le regard du garçon de se poser sur la Serpentarde, sans jugement sinon de la surprise. Il ne tentera pas le réconfort, cette fois. N'a guère envie de se faire envoyer balader par l'implacable humeur de la brunette. Ainsi laisse-t-il s'écouler malgré lui les secondes silencieuses puis, comme il la jauge de son regard dénué de sanction, laisse pourtant parler sa spontanéité : « Pourquoi tu baises avec autant de mecs, si ça te fait clairement du mal ? » Voilà qu'il fronce les sourcils, cherche sans comprendre une réponse légitime à sa question. Sans doute est-il trop direct, trop indélicat, ou juste trop con. Le fait est que son questionnement lui a brûlé la lippe et le gosier.


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MessageSujet: Re: i love freaks, i don't care if you're a wild one (placid)   Sam 7 Fév - 14:32

Son bras retombe mollement face à sa remarque pleine de vérité, peut-être un peu trop dur à entendre pour le moment. Alors elle hausse des épaules, détournant son regard du sien pour éviter d’y lire toute la stupidité de ses actes et de sa façon de se comporter. Elle avait déjà suffisamment à faire avec le jugement qu’elle se faisait d’elle-même pour ne pas y mêler celui du jeune homme qui ne devait pas voler bien plus haut que son estime personnel. Mais s’il n’était pas trop insoutenable de supporter cette conversation qui virait au déplaisant, l’apparition de Mimi ne faisait qu’ajouter à l’agacement de la brune. Une grimace de dégoût traverse son visage alors que le spectre se permet de tourner autour de Placid, avec bien trop d’intérêt pour une morte. Et il lui rend son sourire, bien évidemment, sourire qu’elle n’avait que très rarement l’occasion de voir sur ses lèvres quand elle venait envahir son espace personnel. Jalouse d’un fantôme, voilà à quoi elle était rendue. Jalouse d’une stupide fille morte depuis tant d’années qui semblait prendre un plaisir tout à fait malsain à lui pourrir la vie de bon matin. Qu’est-ce qu’elle l’aurait bien écrasé avec une pelle, alors qu’elle se permet d’exposer ses faiblesses sans aucune gêne, par pur sadisme de voir son visage se décomposer. Heureusement, le spectre ne s’attarde pas trop dans ses révélations fâcheuses, la laissant seule ici avec lui, incapable de soutenir son regard de peur d’y croiser du dégoût ou pire encore, de la pitié.

Elle laisse ses yeux vagabonder sur le parc, ses doigts fins effleurant les carreaux blanchis par l’usure. Sa voix la sort doucement de ses pensées, sans qu’elle n’accepte de se confronter directement à lui. C’est vrai ça, pourquoi ? Peut-être parce qu’au moins comme ça, elle existait d’une certaine façon. Et mieux valait exister quitte à se faire du mal que de devenir transparente et se perdre pour toujours dans l’abysse de l’anonymat. « Je suis conne, tu l’as dit toi-même. » Les mots lui échappent, pas plus haut qu’un vague murmure. Une constatation vide d’émotions, comme une réalité qu’elle observe d’un point de vue extérieur. Qu’est-ce qu’elle pouvait lui donner d’autres comme explication ? Se glisser dans les draps de ces abrutis lui offrait un court réconfort. Toujours trop court comparé à celui qu’elle fantasmait si c’était ceux du Gryffondor qu’elle rejoignait. Ou simplement ses bras, ses lèvres, même si toutes ses tentatives se transformaient en échec cuisant. Ses yeux se baignent d’humidité alors qu’elle tente d’oublier ce brusque retour des choses. Pas question qu’elle ne verse une larme là, pas devant lui, encore moins dans des toilettes, une flasque de whisky pur feu à la main. Finalement, la jeune femme finit par ravaler une bonne fois pour toute la tristesse qui menace de la submerger, osant enfin poser ses pupilles claires sur les siennes pour n’y lire ni haine ni pitié. C’était déjà ça de pris.

Le dos appuyé contre les carreaux froids, elle glisse la flasque dans sa poche, croisant les bras sur sa poitrine. « Et toi alors, pourquoi tu tapes sur des types dès que t’en as l’occasion si ça fait que t’attirer des emmerdes ? » A chaque fois qu’elle tentait d’en apprendre plus sur lui par des connaissances, les mêmes faits revenaient. Bagarres, impulsivité, à croire qu’elle n’était pas la seule à apprécier se faire du mal. Son corps se détache lentement des carreaux, faisant quelques pas dans sa direction sans pour autant chercher à instaurer à nouveau une proximité ambiguë. « Tu tapes des tocards. Je les baise. Chacun son truc. » Un sourire triste étire momentanément ses lèvres alors qu’elle chasse d’un mouvement de la tête les larmes qui font leur coming-back au bord de ses paupières inférieures. Un nouveau pas alors qu’elle tend la main vers la sienne se ravisant finalement pour se contenter de jouer distraitement avec le bas de son pull. « On est peut-être pas si différent l’un de l’autre. » Elle aimerait l’entendre dire qu’elle ne se trompe pas. Que ce n’est pas qu’illusion quand elle a l’impression de se reconnaître parfois dans la tristesse qui traverse ses iris sombres. Et finalement, la jeune femme rompt toute distance, déposant son front pâle contre son épaule, serrant plus fort le vêtement entre ses doigts comme pour tenter vainement de le dissuader de toute tentative de fuite. Un léger soupir lui échappe alors que ses paupières se ferment, laissant malgré elle échapper une larme qui roule doucement le long de sa joue avant de s’écraser dans son cou. « Ne t’enfuis pas s’il-te-plaît. » La brune se mord la lèvre inférieure avec force, se punissant presque pour son comportement mais les mots lui ont échappé et il est un peu tard à présent pour faire marche arrière. Voilà à quoi elle en était réduite, à le supplier pour goûter à ce dont elle imaginait tellement souvent. Et la réalité n’était pas si éloignée de ses attentes. Elle voudrait trouver le courage de se lover un peu plus dans ses bras, elle voudrait qu’il ait envie de poser ses mains autour de sa taille pour la serrer un peu plus contre lui. Mais encore une fois, elle avait pénétré sa sphère intime sans y être invitée et contre sa volonté. Et sûrement qu’il allait la repousser, comme chaque fois. Mais tant pis, autant profiter de sa chaleur maintenant qu’elle y était, et savourer ces quelques secondes d’apaisement qu’elle trouve enfin au creux de son cou.


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